C'est à l'âge
de 40 ans que l'abbé Fouré va entreprendre
de sculpter les rochers du rivage de l'une des avancées
du littoral breton entre l'estuaire de la Rance et la baie du
Mont-Saint-Michel. En 1870, une maladie réduit en effet
le jeune " recteur " au silence : devenu sourd-muet,
l'abbé Fouré se retire dans la paroisse de Rothéneuf.
Passionné de sculpture, il choisit de dialoguer désormais
avec la pierre. Et jour après jour, pendant 25 ans, il
racontera l'histoire légendaire d'une famille de corsaires
qui sévissait ici du 16ème siècle à
la Révolution : celle des Rothéneuf. De son
travail quotidien, infatigable va naître un bas-relief d'environ
cinq cents mètres carrés : 300 personnages sculptés
dans le granit au prix d'un travail acharné. Et chaque
rocher portera le nom d'un corsaire : la Goule, la Haie, Bennetin,
Rochefort.

Il n'est pas sans intérêt
de remarquer que les visages qu'a suscités l'activité
de " l'ancien recteur " offrent une parenté certaine
avec les physionomies de la statuaire des calvaires bretons.
L'œuvre poursuivie pendant vingt-cinq ans (1882-1907),
sensiblement dans le même temps que le Palais
Idéal (1879-1912) du Facteur Cheval, témoigne
autant que ce dernier de la vivacité et de la force de
l'inspiration populaire délivrée de toutes les contraintes
culturelles, officielles ou non.

Video (en allemand)